Marius Spitsaert

Marius Spitsaert est né en 2004 à Bruxelles, où il vit et travaille.

Il étudie la peinture à l'École Nationale Supérieure des Arts Visuels de La Cambre.

À travers sa peinture, il s'est beaucoup attardé et questionné sur la notion de couleur et de paysage. Tout d'abord car certains endroits de couleurs, aussi grands ou petits soient-ils, lui procurent une indicible sensation de bien-être et l'amènent à des questionnements.

Il songe au mariage des couleurs qui coulent, débordent et se cassent les unes contre les autres dans sa tête. Les expériences, les recherches et les questionnements l'enrichissent. Il observe, il essaye.

Il sait qu'il est possible de créer des qualités intrinsèques avec les couleurs, il est possible d'imaginer dans le secret de son esprit un arbre automnal en plein été ou encore un arbre complètement rose. C'est cette sensation, cette émotion, cette liberté, qu'il voudrait peindre et amener dans ses paysages. Il ne prend pas la réalité comme point de départ, il ne s'agit pas d'inventer autre chose non plus, mais de comprendre, sentir et montrer ce qui est. Dans sa peinture, il cherche quelque chose qui dépasse son aspect visuel, il ne cherche pas à trouver l'image, il cherche à savoir ce qu'il veut, et pas seulement ce qui agit en lui, mais aussi jusqu'où va son aptitude à discerner quels sont ses moyens, quels sont les points énigmatiques de ses peintures, ou ce qu'il reconnaît de ce qu'il a déjà reconnu.

Dans sa peinture, tous les problèmes et la question du fini se reposent à chaque coup de pinceau. Il traite ses tableaux comme un ensemble non systématiquement cohérent et leur exécution implique des vitesses différentes, des moments rapides et d'autres plus longs. Il y a des parties qui doivent être réussies du premier coup tandis que d'autres peuvent être reprises, mâchurées, piétinées, bref travaillées. Parfois ces différentes parties se dressent les unes contre les autres, il est pratiquement impossible de contrôler cette multiplicité discordante. C'est pourquoi ses tableaux garderont toujours, avec plus ou moins de grâce, quelque chose de bancal, qu'il ne contrôle pas, ou qu'il ne veut pas contrôler.

Il peint des choses mélangées à des idées, il les peint car en lui elles sont si fortes qu'il se doit de les extérioriser d'une manière ou d'une autre. Il produit pour lui avant tout, c'est un besoin, une nécessité sans autre but que de créer, comme une nécessité de faire, de découvrir, de rechercher une solution, une émotion.

Il rêve et cherche une peinture dégagée de tout respect littéral de la nature, de ce qui l'entoure ou de ce qu'il veut peindre. Il veut reconstituer des paysages par le seul recours du souvenir et de l'émotion qu'ils lui ont causée. Quelques lignes évocatrices, un ou deux détails choisis sans superstition d'exactitude.

Il s'est rendu compte au fil de ses recherches qu'il ne voulait pas que le paysage devienne un prétexte à peindre. Il veut maintenant appliquer et aborder ces questions à travers d'autres thèmes.